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Protéines animales et protéines végétales, viande, lait , maladies cardiaques et cancer : le débat fait rage

L’enquête Campbell Partie 4

Pourquoi la médecine dite traditionnelle refuse-t-elle encore de considérer le lien entre alimentation et santé malgré les milliers d’études scientifiques qui prouvent cette réalité sans appel ? Le Pr Colin T. Campbell a résumé le fruit de quarante années de travail dans son livre L’enquête Campbell, best-seller devenu incontournable. L’enquête Campbell Partie 4 nous explique pourquoi et comment l’information est cachée au public.

Pourquoi tant d’informations contraires circulent sur la nutrition, au point que souvent beaucoup se sentent perdus et ne savent plus à quel saint se vouer ?

“Si l’alimentation végétale était bonne pour la santé, ça se saurait !”

N’avez-vous jamais entendu ou pensé vous-même cette phrase ? Elle semble tout résumer en quelques mots, et pourtant, je crois sincèrement qu’à notre époque, aucune phrase n’est plus fausse. Trop d’intérêts financiers sont en jeu, qui font que d’une part, une bonne partie de l’information est dissimulée au public, et que d’autre part  – c’est d’ailleurs le plus grave – on nous ment plus que jamais sur ce qui est bon pour notre santé, mettant en avant à grand coup de marketing des produits qui la détruisent insidieusement pour générer toujours plus de profits, y compris sur des produits qui font partie de notre culture gastronomique (comme le lait et la viande).

De plus en plus de chercheurs, médecins, nutritionnistes, biochimistes, tirent la sonnette d’alarme et mettent en lumière ce qu’on nous cache depuis longtemps. L’un d’eux est le Professeur Colin T. Campbell, auteur du best-seller L’enquête Campbell  que j’ai résumé en 4 parties volontairement riches pour les personnes que ça intéresse. Personnellement, ce livre fait partie des 3 livres qui ont changé ma vie et ils peuvent aussi changer la vôtre ! 

Si vous arrivez sur ce blog pour la première fois, bienvenue ! Vous pouvez lire aussi les 3 autres parties du livre avant celle-ci si vous le souhaitez, c’est par ici  :

Les protéines de la viande, le lait de vache, des aliments bons pour la santé  : le côté sombre de la science

Pourquoi n’avez-vous pas entendu parler de tout cela avant ? (4e partie du livre)

Le public s’étonne légitimement de la raison pour laquelle, outre le fait de ne pas avoir entendu parler de tout cela avant, que des informations exactement contraires s’affichent partout : que le lait est bon pour la santé, que nous devons manger de la viande pour avoir des protéines, et que le cancer et les maladies cardiaques sont d’origine génétique.

Le Pr Campbell rappelle à cet effet, comme chacun finit d’ailleurs par le constater, que presque tout est gouverné par la règle d’or : celui qui possède l’or étant en effet celui qui établit les règles. La santé financière des industries de l’alimentation et de la santé dépend précisément de leur contrôle sur l’information, sans que le système soit pour autant impliqué dans une corruption à grande échelle : la situation est, dit-il, pire que cela car c’est ledit système tout entier (gouvernement, corps scientifique et médical, industries et médias) qui pousse le profit au détriment de la santé, la technologie au détriment de l’alimentation et la confusion au détriment de la clarté, souvent en toute bonne foi – et c’est là l’aspect le plus destructeur, souligne le Pr Campbell -.

Œufs, lait, viande, alimentation et cancer : comment l’information est truquée

Liens entre alimentation et cancer

A la fin des années 70, l’auteur s’occupait de l’un des rares laboratoires américains effectuant des recherches fondamentales sur les liens entre l’alimentation et le cancer, nouvelle aventure postérieure à ses recherches aux Philippines. Il est alors membre de deux importants organismes liés à la nutrition (Federation of American Societies for Experimental Biology et American Society for Nutritional Sciences). C’est en 79 qu’il est invité à rejoindre un comité en formation dont l’objet est de décider des bons conseils à divulguer au public en ce qui concerne la nutrition, invitation qu’il accepte avec enthousiasme pour le travail annoncé avec les plus grands noms de la recherche sur la nutrition. Pourtant, le premier comité est évincé rapidement, accusé d’être hermétique au changement avec une vision limitée entre alimentation et maladie. Son crime ? Avoir voulu préparer un rapport honnête sur l’alimentation et le cancer. Le second comité, surprise encore plus grande, est entièrement composé de membres tous en liens d’affaires avec les industries des œufs, du lait, ou même pharmaceutiques. Un comité truqué, adorant l’alimentation carnée, grassement rémunéré, ouvertement en conflits d’intérêts, et n’étant donc aucunement disposé à envisager un point de vue desservant leurs affaires.

Discréditer les résultats des chercheurs

Les fruits et légumes préviennent les maladies cardiaques : comment leurs bénéfices sont passés sous silence

Le Pr Campbell raconte son malaise en constatant que le contenu d’un projet de communiqué de presse qui lui est soumis vise à discréditer complètement les résultats d’un chercheur, qui avance que consommer moins de viande et de gras ainsi que davantage de fruits et légumes peut prévenir les maladies cardiaques, et comment sa présence à la table a momentanément fait renoncer le comité à faire cette annonce. Pourtant, quelques semaines plus tard, l’un de ses membres est interviewé à la télévision pour commenter un rapport produit par le même groupe : il chante sans sourciller les louanges de l’alimentation à l’américaine à haute teneur en gras et en viande et va même jusqu’à affirmer que le hamburger McDonalds ne pose aucun problème.

Préoccupé par leur sombre dessein, le Pr Campbell remet en question les propositions du comité au cours de la deuxième réunion un an plus tard, et s’attire les foudres de ses membres. Informé, le président élu de la société prend la décision immédiate de le dissoudre et de le reformer avec le Pr Campbell à sa tête, avant que ce dernier ne jette l’éponge un an plus tard ; tandis que l’ancien comité fonde alors de son côté une nouvelle organisation (Le CAST : Council on Agriculture, Science and Technology) qui cristallise tous les conflits d’intérêts possibles.

Le premier rapport public sur le lien entre alimentation et cancer

Comment les lobbys de la viande corrompent des scientifiques pour préserver leurs intérêts

En 1982, l’auteur travaille sur le rapport de l’Académie Nationale des Sciences, premier rapport rendu public à faire un lien entre l’alimentation et le cancer (bien plus anxiogène sur l’opinion publique que les maladies cardiaques, souligne-t-il). Comme il fallait s’y attendre, le CAST ainsi que tout ce que l’Amérique compte de lobbys de la viande et de ses sous-produits, produit immédiatement un rapport contradictoire soutenu par une cinquantaine « d’experts » corrompus, rapport qui est remis aux cinq cent membres du Congrès. Un ancien allié écrit alors au Pr Campbell une lettre sévère déclarant que « le pétard lui a explosé entre les mains », tandis que l’orage gronde à haut niveau et  que la virulence des critiques est à son comble.

Cible de toutes les attaques pour son honnêteté scientifique

Quand la prévention du cancer par l’alimentation n’est pas bonne pour les affaires

C’est alors que l’auteur raconte être invité à aider une nouvelle organisation au but sincère et honnête (l’Institut Américain de Recherche contre le Cancer : American Institute For Cancer ResearchAICR), fondée et rejointe par d’éminents chercheurs et professeurs. Celle-ci va hélas très vite devenir l’objet de toutes les attaques, y compris au niveau gouvernemental (remise en question de ses statuts et de ses procédures de collecte de fonds), au niveau postal (refus de la Poste d’acheminer leur courrier). Particulièrement virulente, la Société Américaine du Cancer y voit à cette époque un concurrent aux donateurs et nie tout lien entre alimentation et cancer, position que poussée par l’opinion publique, elle reverra plus de quinze ans après.

C’est en donnant une conférence que le Pr Campbell est informé qu’une note circule dans tous les bureaux de la Société américaine du cancer, discréditant et diffamant l’AICR, ses intervenants ainsi que lui-même, émanant du bureau du président même de l’organisation. La reprise et la diffusion de cette note par le Conseil national du lait, répandue largement ensuite aux autres industries, ne laisse, raconte-t-il, planer aucun doute sur le fait que la prévention du cancer par des aliments d’origine végétale, coûtant peu et rapportant peu, n’est pas la bienvenue dans leurs affaires.

Bien que les campagnes de diffamation envers lui-même et l’AICR aient fini par s’estomper, le Pr Campbell continue d’essuyer de nombreuses attaques – trop nombreuses pour toutes les relater -, comme la tentative de renvoi de sa société. Il explique combien les chercheurs, en matière de nutrition, ne sont pas libres de poursuivre leurs recherches là où elles les conduisent : de « mauvaises » conclusions peuvent en effet saboter une carrière, ce qui par chance ne fut pas le cas de l’auteur.

Quand les intérêts financiers étouffent la réalité scientifique et sèment la confusion dans l’esprit du public

Des experts scientifiques de renom étouffent et faussent le débat au mépris du bien-être de la population

Le côté sombre de la science fait du tort non seulement aux chercheurs dans le droit chemin, mais aussi à toute la société. Certaines personnes influentes, « experts scientifiques » de renom, ont pour véritable dessein d’étouffer tout débat scientifique. Leurs raisons peuvent en être par déni personnel, refus du changement de paradigme, ou peuvent être motivées par des intérêts financiers : bien que peu nombreux, ce sont eux qui peuvent causer les plus grands torts, ternissant la réputation d’institutions honorables et plus grave encore, semant la confusion dans l’esprit du public. Partout, des comités boiteux défendent leurs propres point de vue et intérêts au détriment de la vérité scientifique et surtout du bien-être de la population.

Protéines animales contre protéines végétales : quand les études sont faussées

Le réductionnisme scientifique

A la suite de la publication du rapport de recherche émanant du comité duquel fait partie le Pr Campbell, une polémique sur les effets des graisses sur le cancer fait rage : pour davantage de précision du rapport en effet, le Pr Campbell y a organisé les résultats par nutriments. Ce rapport précise et recommande à plusieurs reprises que lesdits nutriments ne doivent provenir que d’aliments complets. L’un des nutriments phares y est les lipides, dont la consommation élevée est explicitement liée au cancer.

Faisant abstraction de sa mise en garde établissant une distinction entre les aliments et les comprimés, l’industrie des suppléments alimentaires récupère alors certains chapitres du rapport. Et déforme très vite ces données, organisant des campagnes publicitaires mensongères qui présentent les vitamines comme susceptibles de prévenir le cancer. Le chercheur reconnaît là avoir commis avec son équipe une grave maladresse de présentation de son rapport, qui n’a cessé de faire des dégâts depuis malgré ses recommandations et précautions.

La question du lien entre lipides et cancer est sur toutes les lèvres à cette époque

L’une des plus marquantes études dans l’esprit des scientifiques comme du public, est l’étude réalisée pendant plus de trente ans sur la santé de plus de cent vingt mille infirmières. Bien conçue, cumulant des données sur un très grand nombre de femmes, comptant parmi les meilleurs chercheurs au monde, poursuivie sur une longue période, quelle étude aurait pu être mieux placée pour trancher cette question ?

Pourtant, dit l’auteur, de sérieuses lacunes en faussent les résultats comme nous allons le voir, faisant d’elle une parfaite illustration de la façon dont le réductionnisme scientifique peut engendrer d’énormes confusions même lorsque les chercheurs sont honnêtes. C’est par ailleurs l’une des études ayant causé le plus de dommages au domaine de l’alimentation et de la nutrition, déplore le Pr Campbell.

Cancer du sein et alimentation

L’étude sur les infirmières se concentrait en effet sur lipides consommés, faisant abstraction de leur consommation de protéines animales plus élevée que la moyenne nationale (19 contre 16%). Selon le Pr Campbell, le graphique de Ken Carroll publié en 1975 qui compare de manière internationale les taux de gras dans l’alimentation et les taux de décès est tout aussi faussé.

Récupérés et déformés par les industriels afin de proposer toujours plus de produits « light », ces rapports qui mettent en avant la notion de lien entre l’absence de graisses et la baisse des risques de cancer ne prennent pas en compte des autres aspects de l’alimentation – végétale il va sans dire –. Or, on peut manger « light » et se nourrir presque exclusivement de protéines animales, celles-là même qui engendrent les plus grands risques pour la santé. Pourtant, la recherche a montré que c’est effectivement la consommation de protéines animales qui pose problème, avant même les lipides, qui s’ils sont d’origine végétale ont au contraire des effets protecteurs.

Il s’agit là d’un raccourci désastreux qui fausse toutes les études sur le sujet, mais entretient également la confusion dans l’esprit du public, se désole le Pr Campbell. L’étude sur les infirmières et ses conclusions erronées le démontrent sans appel et causent les plus grands torts qui soient, en réfutant le lien entre l’alimentation et le cancer : cette étude a réduit à néant bon nombre de percées effectuées au cours de ces cinquante dernières années.

Dans son droit de réponse au chercheur responsable des conclusions de cette étude polémique, l’auteur a souligné à celui-ci avec force, y compris lors d’échanges verbaux à l’occasion de rencontres fortuites, qu’aucun groupe d’infirmières à l’alimentation végétarienne à base d’aliments complets et faibles en gras n’a fait partie de l’étude. Cela rend les résultats peu fiables. La réponse du chercheur fut plutôt dérangeante, faisant fi des vrais objectifs de la science : « Vous avez sans doute raison, Colin, mais les gens ne veulent pas entendre parler de ça. »

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que leur principal argument de vente tourne autour des prétendus bienfaits nutritionnels de leurs produits, car dans le cas où l’un d’eux serait associé au cancer ou à une autre maladie, les profits et revenus partiraient en fumée.

La “science” de l’industrie

Des bienfaits nutritionnels inventés par l’industrie pour vendre plus

Que ce soit dans le lait, les œufs, la viande, les produits transformés, les industries de l’alimentation sont parmi les plus profitables au monde, générant des profits par milliards chaque année, au même titre que l’industrie de la santé. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que leur principal argument de vente tourne autour des prétendus bienfaits nutritionnels de leurs produits, car dans le cas où l’un deux serait associé au cancer ou à une autre maladie, les profits et revenus partiraient en fumée.

Aussi, l’une de leurs priorités est d’opérer une veille scrupuleuse des recherches capables de leur causer du tort en faisant les gros titres des journaux. Y compris en utilisant l’espionnage. Mais le moyen le plus simple est encore de fabriquer ses propres recherches : ce sont des versions corrompues et contraires à l’intégrité de la science, en plus d’être dangereuses pour la santé des gens.

Les croyances et la confiance sont de fait ancrées depuis si longtemps, enseignées depuis l’enfance par ces programmes, que quiconque entend parler de la nocivité du lait rétorquera immédiatement que c’est impossible.

Comment les croyances erronées sur le lait sont entretenues dès l’enfance

Pire encore, ces industries investissent des sommes considérables dans des plans marketing sophistiqués pour promouvoir leurs produits, à grand renfort d’études biaisées, s’introduisant même à grande échelle dans les écoles : par exemple, les enfants, par le biais d’activités ludiques, sont en effet la meilleure façon d’augmenter la consommation du lait. Les croyances et la confiance sont de fait ancrées depuis si longtemps, enseignées depuis l’enfance par ces programmes, que quiconque entend parler de la nocivité du lait rétorquera immédiatement que c’est impossible.

La stratégie du doute, l’instrument marketing qui fait vendre

Enfin, afin d’accroître sa crédibilité dans le but d’augmenter ses bénéfices et de s’appuyer sur la stratégie du doute, l’industrie du lait ne se prive pas de financer des recherches avec pour objectif de démontrer, via des subterfuges de chercheurs comme ce qu’on appelle « la méthode inversée » ou des détails sortis de leur contexte, que le lait pourrait être un excellent anticancérigène. Ceci est une magouille qui relève de l’imposture scientifique la plus avancée, s’indigne le Pr Campbell. Inciter les consommateurs à manger des aliments qui sont en réalité mauvais pour eux, à grand renfort de publications dans des revues scientifiques de haut vol, est parmi les outils marketing de ces industries les plus productifs car très peu de gens les remettront en question.

Le gouvernement est-il au service la population ?

Les solides preuves acquises au cours des vingt ou trente dernières années relativement à l’impact déterminant de l’alimentation sur la santé devraient inciter le gouvernement américain à alerter la population au même titre qu’il le fait pour la cigarette. C’est selon le Pr Campbell une trahison du contrat de confiance qui le lie à ses concitoyens.

Recommandations nutritionnelles

En effet, l’information exactement inverse est mise en avant par le biais de recommandations nutritionnelles que dispense le Conseil sur l’alimentation et la nutrition (Food and Nutrition Board, ou FNB), contrôlé par les industries elles-mêmes : ces recommandations sont, dit l’auteur, une aberration totale dans la mesure où elles conseillent sans sourciller par exemple un apport de 25 % des calories journalières sous forme de sucres ajoutés. Cette position complaisante vis-à-vis des industriels est tout aussi irresponsable que la seconde recommandation de consommer jusqu’à 35 % de protéines pour combler les besoins quotidiens du corps en énergie et en nutriments : il s’agit selon lui d’une incroyable mascarade, compte tenu des preuves scientifiques existantes établissant le lien entre une vaste gamme de maladies et la consommation de protéines animales même à petites doses. Pire honte encore, le communiqué de presse correspondant précise que suivre ces recommandations minimise le risque de maladies chroniques.

Le sucre et ses enjeux politiques

Lorsque l’OMS et l’Organisation des Nations Unies ont souhaité émettre un rapport de recommandations nutritionnelles dont le taux de sucre maximum quotidien conseillé était de 10%, le FNB mené par les industriels a pesé de tout son poids en termes de chantage et menacé de “mettre l’OMS à genoux”. Ces directives trop basses par rapport à leur taux recommandé de 25% mettaient en effet trop d’intérêts financiers en jeu. L’OMS a résisté à la pression, mais pour des raisons politiques, a fini par émettre deux recommandations différentes – cherchez l’erreur ! – : 10% pour la communauté internationale, tandis qu’aux Etats-Unis le taux a été relevé à 25%.

L’influence de l’industrie

Comment l’industrie se forge-t-elle une telle influence ? En général elle consulte quelques personnalités connues du milieu universitaire, qui prennent ensuite les rênes des lignes de conduite en dehors de ces milieux. Ces experts-conseils organisent des symposiums ou séminaires, rédigent des revues commanditées, président des groupes établissant des recommandations, deviennent membres de sociétés professionnelles clés. Ils s’acheminent ensuite vers des postes de direction dans les organisations scientifiques qui établissent des politiques importantes, puis choisissent les équipes qui les assisteront. Tout cela sous gratifications diverses des industries pour lesquelles ils travaillent : le système entier est infiltré et sous leur contrôle. Ils prodiguent ainsi sans sourciller les recommandations nutritionnelles les plus orientées possible, au détriment de la santé des consommateurs.

Un recul magistral pour la santé des enfants

Mais le plus problématique dans ce rapport dangereux du FNB, est que sa publication n’est que le début de sa longue et désastreuse influence : il sert en effet de base pour les programmes d’alimentation divers (cantines scolaires, hôpitaux, programmes gouvernementaux, étiquetage des aliments…). Ces effets dévastateurs sont particulièrement graves sur les enfants, qui sont poussés malgré eux sur le sentier de l’obésité, du diabète et autres maladies chroniques en étant encouragés à consommer encore plus de gras, de sucre, de viande et de produits laitiers.

Enfin, pour toutes les raisons évoquées plus haut en termes de trafic d’influence, l’ensemble de la recherche biomédicale et nutritionnelle est davantage consacrée à la découverte de nouveaux médicaments ou de suppléments alimentaires, qui favorisent la croissance et l’enrichissement sans fin des industries pharmaceutiques et autres industries agroalimentaires – le plus gênant étant que tous ces instituts sont pour la plupart subventionnés via l’argent des contribuables -. Cela signifie que la réelle recherche sur la nutrition et la prévention des maladies par l’alimentation est insignifiante et passée sous silence, tandis qu’est valorisée l’émergence de médicaments inefficaces aux effets secondaires la plupart du temps connus pour être désastreux. Et cela, alors que prévenir et rétablir sa santé par l’alimentation est le plus simple et le moins coûteux.

La médecine avec un grand M protège la santé de qui ?

Argent, ego, pouvoir, contrôle : des milliers d’études scientifiques passées sous silence

Rares sont les médecins qui tiennent comptent du facteur alimentaire dans les soins prodigués à leurs patients, malgré les milliers d’études scientifiques publiées en ce domaine. Pourquoi le système médical ne prend-il pas l’alimentation et la nutrition au sérieux ? La réponse du Pr Campbell tient en quatre mots : argent, ego, pouvoir, contrôle. Et ce système est en train de nous faire faux bond.

En outre, le système d’enseignement ne permet pas d’avoir une vision autre des soins que de passer par les médicaments ou la chirurgie : l’alimentation n’y est pas enseignée ou trop brièvement, et cela sur la base de cours conçus par… l’institut Danone, le Conseil de nutrition des oeufs, l’Association Nationale des Producteurs de Boeuf, le Conseil National du Lait, Nestlé Clinical Nutrition, et bien d’autres. Comment pourrait-elle dans ce cas être reconnue à titre préventif ou curatif ?

Personne ne comprend mieux tout cela que les médecins minoritaires qui mettent l’accent sur le lien entre alimentation et santé autant dans le cadre public que privé de leur profession, avec des résultats impressionnants. Deux d’entre eux en particulier : le Dr Caldwell Esselstyn, et le Dr John McDougall.

Le Dr Caldwell Esselstyn, l’homme qui inverse le cours des maladies cardiaques

Marqué par la mort prématurée de son père médecin, pourtant passionné de médecine nutritionnelle préventive, le Dr Caldwell Esseltsyn comprend que quelque chose dysfonctionne dans la diffusion des informations. Il entreprend de lire tous les écrits sur le lien entre alimentation et santé, tombe sur un livre de McDougall et se met à traiter ses patients cardiaques avec une alimentation végétale à faible teneur en gras. Avec à la clé le renversement le plus radical des maladies cardiaques qu’ait connu l’histoire de la médecine.

Soigner les maladies du cœur par l’alimentation

Au fil des ans, ce médecin devenu le champion du traitement des maladies par l’alimentation a accumulé toutes les preuves et publié ses recherches, mais a été rejeté par ses pairs au lieu d’être félicité pour ses incontestables et impressionnants résultats, tandis qu’il était également moqué et affublé au passage du sobriquet “Dr Sprouts” (Dr Germination).

Nombreux sont ceux qui lui ont opposé que la recherche sur le sujet n’était pas assez solide, commentaire que le Pr Campbell qualifie d’absurde étant donné l’étendue et la profondeur des études internationales menées. Pire, bien que convaincus, certains collègues du Dr Esselstyn ne lui  recommandaient tout simplement pas leurs patients, de peur que ceux-ci les accuse de ne pas l’avoir fait plus tôt devant les résultats obtenus. Et par ailleurs, n’acceptaient ouvertement pas l’idée de les orienter vers un mode de vie qui leur permettrait de ne plus avoir besoin de la médecine !

Enfin, ce sont ces mêmes médecins de la Clinique de Cleveland – où il a exercé une grande partie de sa vie en chirurgie cardiaque avec le succès qu’on lui connaît en prévention – qui consultent personnellement le Dr Esselstyn pour leur maladie cardiaque et appliquent avec succès son programme. Et ce sont ceux-là qui refusent avec virulence la proposition d’Esselstyn d’ouvrir au sein de cette clinique un plus large programme de cardiologie préventive basé sur les solutions qu’ils appliquent pour eux-mêmes, alors qu’ils auraient la possibilité de les proposer à leurs propres patients : une attitude de le Pr Campbell n’hésite pas à qualifier de criminelle.

Le défi végétal du Dr McDougall

McDougall réalise pendant son internat, alors qu’il expérimente lui-même une attaque d’apoplexie survenue à tout juste 18 ans, le peu d’impact des médicaments et de la chirurgie sur ses patients, qui ne guérissent jamais définitivement. Il  en développe une telle frustration qu’il cherche des réponses. Devenu le plus grand expert américain sur le lien entre l’alimentation et les maladies, il a consacré sa vie à informer et prouver sans relâche, avec les plus spectaculaires des résultats sur toutes sortes de maladies chroniques, que l’alimentation sauve la vie. Ses livres sont devenus célèbres et comptent comme des références en ce domaine.

Téméraire, il dénonce par ailleurs la corruption extrême du système médical, qui s’étend de la formation à la recherche. Il n’est pas le seul : ceux qui s’y risquent comme lui, de plus en plus nombreux pourtant, perdent leur travail, leurs amis, et sont discrédités bien que des scandales réguliers leur donnent raison.

L’histoire se répète : Socrate, Platon, Hippocrate, Sénèque et les autres prônaient l’alimentation végétale pour une meilleure santé

Un débat sur l’alimentation qui dure depuis des siècles

Il y a environ 2 500 ans, Platon a écrit un dialogue entre Socrate et Glaucon au cours duquel ils entretiennent un débat sur l’avenir de leur cité. C’est une histoire peu connue, et pourtant vraie. Socrate soutient qu’une nourriture simple et végétale amènera au peuple santé, bonheur et longévité, tandis que Glaucon considère cette nourriture seulement digne des cochons et avance que les citoyens devraient vivre de manière civilisée en consommant de la viande allongés sur leur canapé. Ce genre de nourriture, dit Socrate, nécessitera d’élever des animaux en grande quantité pour les tuer, créera de l’inflammation chez leurs consommateurs et fera que les besoins en médecins seront grands. Glaucon acquiesce tandis que Socrate continue son raisonnement : nous aurons besoin sans cesse de plus de terres pour l’élevage, terres qui seront de plus en plus convoitées. Socrate prédit à Glaucon un avenir sombre où le chaos, la maladie, la luxure, les hommes de loi et de médecine deviendront la norme.

Platon, dans toute sa sagesse, savait déjà les conséquences sur l’humanité qu’aurait la réduction des animaux au rang de nourriture, tant sur la santé que sur la société toute entière. L’histoire montre que, 2 500 ans avant notre époque, il était d’une lucidité absolue, constate le Pr Campbell.

Le Pr Campbell rappelle que peu de gens savent qu’Hippocrate lui-même, le père de la médecine, prônait déjà l’alimentation comme principal moyen de prévenir et guérir les maladies.

Que Macilwain, médecin célèbre du début du 19e siècle, écrivit quatorze livres et axait son discours sur le lien entre maladie et santé : il devint lui-même végétarien après avoir découvert que “le gras, les huiles et l’alcool” étaient les principales causes du cancer. C’est d’ailleurs lui qui popularisa l’idée que le cancer trouvait son origine sur le “terrain favorable” que constitue un corps enflammé par une nourriture inadaptée.

Tout aussi lucide était le fondateur de la Société américaine du cancer, Frederick L. Hoffman, dont la pensée a été oubliée depuis.

Sénèque, l’un des plus grands érudits vivant il y a 2 000 ans, conseiller de l’empereur Néron, partageait également ces idées et écrivit à ce sujet.

Les meilleurs athlètes sont végétaliens

Comment pouvons-nous avoir oublié les leçons du passé ? écrit l’auteur. Comment pouvons-nous avoir oublié que les meilleurs athlètes de la Grèce antique devaient avoir une alimentation végétalienne ? Comment avons-nous fait pour en arriver au point où nos guérisseurs-médecins ne connaissent presque plus rien de la nutrition, où son utilité est dénigrée, où les médicaments et soins hospitaliers sont devenus la troisième cause de mortalité ?

Comment en sommes-nous arrivés au point où prôner une alimentation saine pour le corps peut ruiner totalement une carrière ? Où les entreprises qui font profit de notre maladie sont aussi celles qui nous disent quoi faire pour être en bonne santé, où les entreprises qui profitent de nos choix alimentaires sont celles qui nous disent quoi manger, où l’argent des contribuables est utilisé pour bonifier les profits des industries pharmaceutiques, et où la méfiance cède le pas à la confiance quand il est question des politiques gouvernementales sur les aliments ?

Au risque d’ignorer les avertissements de Platon et d’autres érudits, nous avons, comme l’a dit Sénèque sur l’alimentation, “anticipé la mort”. Notre milieu naturel n’a jamais été aussi abîmé, les espèces aussi menacées, l’eau aussi polluée, les forêts aussi convoitées pour les cultures d’élevage. Et l’humanité n’a jamais été aussi malade.

Un mode de vie sain et durable scientifiquement valide pour sauver l’humanité

Pourtant, nous avons maintenant toutes les preuves scientifiques qui démontrent que seule une alimentation végétalienne peut apaiser la maladie des corps et de la planète. L’urgence de la situation, dit le Pr Campbell, fait que de plus en plus de gens ouvrent les yeux et ressentent le besoin de changement. Ils remettent en question ce qu’on leur a imposé, prennent en compte de plus en plus les rapports scientifiques et mettent en place les solutions adéquates : grâce à cela, un nouvel espoir renaît qui permet de reprendre confiance en un avenir plus heureux que la situation actuelle le laisse présager. Le mode de vie végétalien, qui passait pour une mode dangereuse, devient un choix de vie sain et durable. Seul le temps dira ce qu’il adviendra de nos petits-enfants et descendants dans cent ans. J’espère, termine le Pr Campbell, que l’histoire dont nous sommes les témoins et notre avenir seront finalement bénéfiques à tous.

Pour aller plus loin, je recommande de commencer par regarder le documentaire adossé au livre, il vaut vraiment le détour ! C’est par ici :

La Santé dans l’Assiette

Et bien sûr, lire l’excellent livre du Pr Campbell L’enquête Campbell pour ceux dont mon résumé aura piqué la curiosité.

Des commentaires ? Postez-les ci-dessous et j’y réponds avec grand plaisir.

Joyeusement xoxo 🙂

Claire 

 

 

Note en toute transparence :

Oui, certains des liens présents dans cet ebook vont te diriger vers Amazon, où je suis inscrite à un programme dit « d’affiliation » qui me permet de gagner quelques petits sous si tu commandes par ce lien. Cela n’augmente pas du tout le prix d’origine, mais me permet de mettre un peu de beurre (végétal 😉) dans les épinards. C’est plus simple de te le dire, alors merci de passer par mon lien si tu souhaites acquérir l’un des livres ou produits dont je te parle dans mes articles (ce sera toujours avec sincérité et la plus grande objectivité possible).

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